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Mercredi 6 mai 2009
Un exemple presque caricatural de la complicité de la plupart des medias contre le mouvement universitaire. Sous ses airs avenants et ses faux airs de se préoccuper des pauvres, des universitaires et des étudiants, Barbier distille son venin...

Il parvient à déclarer coupables les contestataires, et pas les vrais criminels : Pécresse et Darcos. Exactement comme si on accusait les licenciés d'une entreprise plutôt que les patrons qui sont partis avec la caisse...


La défaite universitaire
envoyé par LEXPRESS


L'ami de Carla Sarkozy fait son boulot, comme le bon petit toutou qu'il est devenu !
Cette vidéo est collector tant elle accumule mépris et contre-vérités, à l'image de la couverture médiatique depuis le début : il parle de mouvement idéologique (en fin de vidéo) alors que, justement, l'une des particularités de ce mouvement est qu'il est très divers et se repose sur des faits, loin d'être seulement issu de gauchistes et surtout marqué par la participation de très nombreux EC qui ne sont pas syndiqués et n'ont parfois jamais fait grève ! Il y a ceux qui sont contre la LRU, ceux qui sont pour mais contre la mastérisation, ceux qui sont pour la mastérisation mais contre le nouveau décret, etc. Barbier ment déjà sur ce point.

Il ment aussi quand il parle de l'échec de la mobilisation : pendant les 8-9 premières semaines, la majorité de facs ont été mobilisées, chose inédite, puisque ça a commencé avec les EC, les étudiants ne les rejoignant qu'ensuite. De plus, la majorité des UFR et des facs n'ont pas remonté les maquettes des nouveaux masters, et c'est toujours le cas, ce qui signifie que la majorité des facs (et des IUFM) sont contre la réforme Darcos ! Que le mouvement s'érode et se radicalise, c'est logique après autant de temps...

Il ment encore en n'évoquant que les blocages : ceux-ci sont ultra-minoritaires, toujours, ils sont aussi très ponctuels et, surtout, sont arrivés au bout de plus de 6 voire 7 semaines dans la majorité des cas, devant le mépris et le mutisme du gouvernement ! Alors que la particularité des mouvements précédents était justement le blocage systématique et idiot...Barbier réduit 15 semaines de mouvement à ces blocages, il "oublie" les grèves actives, les cours hors-les-murs et alternatifs, les happenings pacifistes, etc.

A l'image de la majorité des medias, enfin, il ne traite ce mouvement (inédit par son ampleur je le répète) que comme un jeu politique : qui a gagné, qui a perdu. A aucun moment il n'entre dans le fond, à aucun moment il ne parle de ces fameuses réformes rejetées par le monde universitaire, il va même ce piteux collabo jusqu'à accuser les universitaires eux mêmes de détruite l'Université ! Va-t-il aller dire aux salariés licenciés qu'ils détruisent leur entreprise ? Pourquoi ne s'interroge-t-il pas sur les dangers que risquent de causer les réformes Darcos/Pécresse ? Ce n'est pas ça le coeur du problème ? Qu'il soit d'accord ou non avec elles, pourquoi ne jamais les évoquer (L'Express n'a traité que les blocages et les manifs, et encore) et en faire une analyse objective ?

L'Histoire, puisque ce courtisan en parle, retiendra que jamais les medias n'ont traité de façon aussi honteuse, caricaturale, mensongère et incompétente un mouvement qui a mobilisé pendant des semaines et une longueur jamais vue, des milliers d'enseignant-chercheurs et des dizaines de milliers d'étudiants, parvenant chaque semaine à mettre entre 5000 et 20 000 manifestants dans la rue, et réussissant, contrairement encore à ce que dit ce pauvre type, à s'allier avec les hôpitaux (manifestation unitaire pas plus tard qu'il y a deux semaines) et à participer massivement à toutes les grandes manifestations (comme le 19 mars et le 1er mai).
Ce n'est pas parce que les medias à genoux comme Barbier n'en parlaient pas que ça n'existait pas. C'est bien là le problème : si échec du mouvement il y a, ce sera en partie à cause de syndicats débordés mais surtout à cause de l'inexistence d'un relais médiatique, pas partisan mais au moins objectif. Et face à un gouvernement qui ne joue que le rapport de force, ça ne peut pas marcher. Pour le quidam, si les medias n'en parlent pas, ça n'existe pas; et quand les medias sont complices ou incompétents, cela devient grave pour la démocratie puisque cela nie l'existence même du mouvements de contestation, au profit du pouvoir en place.
Avec des medias aussi soumis, qui ne parlent que des contestations qui les arrangent même quand elles sont moins massives, ce pouvoir est bien protégé et pour longtemps.


A lire sur le même sujet :

"Universités : le mensonge médiatique"

"Mastérisation : le mensonge continue"
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